08 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

Comparaisons picturales

   Le Rijks Museum d’Amsterdam a eu cette idée  curieuse de mettre en perspective deux peintres contemporains l’un de l’autre, à la réputation aussi établie et que semble a priori tout opposer : Rembrandt et Velasquez. D’un côté un Batave calviniste et casanier ( Rembrandt n’a jamais mis les pieds hors des Provinces-Unies), fils de meunier et qui sera sa vie durant peintre à la commande pour les notables d’Amsterdam, de l’autre un Sévillan de petite noblesse  et fervent catholique, peintre officiel du roi Philippe IV pendant trente ans , copain avec Rubens, qui fera plusieurs longs séjours en Italie, de Venise à Naples et de Milan à Rome  où il effectuera, au passage, le portrait du pape Innocent III.

Et pourtant, à la réflexion, par delà les dissemblances de leurs vies et celles d’ordre social et géographique, de religion, de culture, il-y-a entre ces deux génies de la peinture baroque des similitudes que cette exposition met en exergue au point qu’on s’étonne un peu de ne pas les avoir détectées plus tôt ! La fascination commune pour la technique du clair-obscur, que Caravage venait d’inventer. Et puis l’attrait du portrait , mais c’était purement professionnel il est vrai, et assez banal en ce temps là, à Amsterdam comme à Madrid ou ailleurs ; mais aussi chez les deux, et c’est plus distinctif de leurs alter ego de l’époque, le souci du rendu de l’expression des regards et celui de ne pas enjoliver les visages ( spécialement chez Rembrandt qui aimait bien s’auto-portraiturer !).

Ce qui frappe aussi, moi tout du moins, c’est l’indifférence totale de l’un comme de l’autre vis-à-vis de leur époque, pourtant O combien troublée ! Ils immortalisent des nobles, des notables et des ecclésiastiques, s’inspirent de la bible ou de la mythologie, représentent des scènes de genre ou de la vie familiale, mais rien ou presque sur les désordres du temps. Or c’étaient les mêmes et ces temps étaient rudes :  la « Guerre des Gueux » qui opposa les Provinces-Unies au royaume d’Espagne,  ravagea tout le plat pays pendant quatre-vingts ans, décima la noblesse castillane et aboutit, comme on sait,  à l’indépendance des Pays-bas en 1648. Rien du tout du côté de Rembrandt et juste une toile – la « Reddition de Breda »- qui ne figure d’ailleurs curieusement pas dans l’expo- chez Diego l’Hidalgo, si vous m’autorisez cette privauté hypocoristique ( ha,ha :) ).

Sur la comparaison elle-même entre les deux artistes, passée la révérence qui leur est due, à chacun son choix ! Je vous joins quelques toiles en vous laissant le soin d’en deviner les auteurs ( pas bien difficile…) Pour ma part, Rembrandt me fatigue assez vite par son uniformité : les mêmes personnages à bonnet ou bien portant robe noire et fraise autour du cou, dans les mêmes tonalités où dominent brun, noir et gris, avec chichement parfois un peu de rouge … Velasquez est bien plus varié dans son inspiration  et sa palette autrement riche, raison peut-être pour laquelle son oeuvre a fasciné plus tard des artistes aussi dissemblables que Manet et Dali.

Outre qu’Amsterdam est un bel endroit, on-y-est en moins de trois heures de Paris par le Thalys. Et croyez-moi, l’expo vaut le voyage ! Elle finit le 20 janvier prochain …

Olivier

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